mercredi 12 octobre 2011

Gaspard Proust ou L'Everest de la dépression


 Nous sommes le vendredi 7 octobre 2011 et le théâtre est complet. Tous les âges sont représentés : assise entre un petit jeune "émo" à casquette et une dame d'âge mûr que l'on reconnaît aux effluves de son parfum. Nous sommes tous prêts, prêts à se faire insulter avec grâce et philosophie, le tout sur un ton plutôt très corrosif. Le spectacle dure un peu plus d'une heure : cela peut-être long lorsqu'on se fait taper dessus, mais avec Monsieur Proust, on en redemande. C'est une dialectique étrange qui s'installe. Il est le sadique, nous sommes les masochistes.

Son discours n'est pas celui d'une blague à rallonge, légère et digeste. Tous les idéaux sont remis en question : la vie, l'amour, la démocratie... les journalistes de Télérama qui, je cite, "ne rigolent qu'aux blagues qu'ils ne comprennent pas". Chaque groupe de personnes identifiable dans la société se retrouve à un moment  du spectacle confronté à ses clichés les plus amers. Pour rebondir, les contrer, Gaspard Proust s'abandonne à d'autres étiquettes (que je vous laisse découvrir sur scène) plus imbuvables les unes des autres. Le mot d'ordre reste celui de l'équilibre : la voix, le corps, tout coïncide avec le parti pris d'un Nirvana perdu. Une phrase m'a réellement marqué, et je pense qu'elle résume parfaitement l'homme sur scène : "Je t'aime. Mais sache que je te méprise." Encore le murmure d'un équilibre mal-pensant.

Prenez le temps un soir et jetez-vous dans la gueule du grand méchant loup. L'Everest de la dépression est jouissivement palpable.

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