Après deux ans d'absence, me voici de retour au parc de Saint-Cloud. Première étape : une bière pour me réchauffer, la pluie n'est pas si timide que ça et la boue se dessine sous mes pieds. Nous sommes vendredi, j'attends l'ambiance.
Objectivement, la programmation 2011 ne m'enchante pas plus que ça mais... comme tous les ans, Rock en Seine affiche les têtes et quelques très rares insolites. Pour le reste, on ne reviendra pas. Subjectivement, je viens pour : The Kills, Death From Above 1979, Deftones, Seasick Steve, Artic Monkeys et bien évidemment, les Foo Fighters. Oublions tout de suite les groupes pour lesquels j'étais avide de curiosité, les prestations ne sont absolument pas dignes d'un tel festival (niveau du prix et de l'ampleur). En effet, je tiens à remercier tout particulièrement les Cherri Bomb pour une reprise en dessous de la médiocrité de "The Pretender" des Foo Fighters (et on ne parlera pas du reste, au secours), Le Corps Mince de Françoise pour sa pop ultra-simpliste, Lilly Wood & The Prick pour sa niaiserie affichée, Simple Plan et ses refrains impubères et on peut continuer comme ça jusqu'à l'année prochaine !
J'ai eu le temps de me refroidir, je retourne me réchauffer, merci la bière. On notera le très sympa "Bar Métal" (j'insiste véritablement sur les guillemets) où il peut se dire : " Nan mais moi j'ai rien contre Julien Doré, j'aime bien ce qu'il fait !" Désillusion.
Première expérience de la scène pression, Seasick Steve. Détraqué, barbu, bordélique, efficace, dansant, acclamé. Ah il est 16h, mais je commence à me faire ma place au soleil !
Puis, je m'installe pour The Kills. Un groupe que j'attends depuis quelques années déjà, une vraie curiosité de le voir évoluer sur scène. La prestation est sympa, mais malheureusement sans plus. Les morceaux les plus rock, les plus grunge ne sont pas portés à leur apogée, sorte d'euphorie avortée. Je reste jusqu'à la fin mais je reste persuadée qu'un festival n'est pas ce qui leur convient le mieux.
Je m'avance, petit à petit je me fais une place devant la scène pour les Foo Fighters. J'ai une heure à attendre, dérisoire par rapport aux six années qui me séparent de leur dernière venue en France. 21h45, début du concert, quinze minutes d'avance pour cause de pluie, j'ai envie de remercier le ciel, très fortement. Ils arrivent, c'est le début l'extase. Les Foo enchaînent les tubes, les discussions avec le public et les mecs de la sécurité doivent faire face à un Dave Grohl qui ne laissera pas ses fans se faire traiter comme du bétail ! Les hommes hurlent, se hissent sur les pointes des pieds, pleurent parfois ; les femmes effectuent des mouvements rotatifs avec leur tête, ponctuent chaque phrase d'un mouvement de bras. A moins que ça soit l'inverse. Ce qui est certain, c'est que la folie du come back a opéré : toutes les chansons sont reprises en chœur et les refrains sont scandés à pleins poumons.Une prestation de deux heures qui mettra tout le monde d'accord une bonne fois pour toute. Les Foo Fighters ont donné, beaucoup. Seul hic : quand est-ce qu'ils reviennent en France ?
Nous sommes samedi, merci pour l'ambiance de Vendredi.
Premier vrai concert aujourd'hui (et il est 21h...) : Death From Above 1979. Tout simplement une grosse claque très appréciable. Pas mal de curieux au départ et puis... étant donné une structure un peu moins radiophonique que les BB Brunes passés juste avant (et je persiste à crier Ô rage, Ô désespoir quand ils pointent le bout de leur slim) l'espace autour de moi se fait de plus en plus grand. Les gens déclarent forfait au bout de deux chansons, tant mieux pour moi, je ne rate aucune miette, je continue de me rapprocher et je confirme la très bonne prestation du groupe. Un second passage à Paris ne sera pas de trop pour la Seine (si peu) Rock.
Et puis, le très jeune mais grand groupe Artic Monkeys atterrit sur la scène principale. Un monde fou, impossible de respirer, une atmosphère comme on les aime quoi ! Les chansons sont toutes très bien interprétées, jouées, effectuées... il y a tout du tout sauf peut-être un grain de folie pour un groupe aussi jeune. Certes, se sont des anglais, mais enfin... La patte Josh Homme plane définitivement dans l'espace, un peu trop propre.
Dernier jour du festival, nous sommes dimanche. Je suis restée perchée dans le tourbillon Foo de samedi et quelques souvenirs me reviennent de la veille. C'est compliqué, mais on est dimanche est c'est le jour de Deftones, hourra ! D'un coup je me sens vieille... je savoure. Chino Moreno partage directement avec le public, mais on le sent tout de même agacé sur quelques points. Il monte, il descend de son petit perchoir planté en plein milieu, il s'agite des fois pour tout, malheureusement pour rien. La voix n'est pas toujours au rendez-vous mais on aime toujours voir Deftones, c'est en quelque sorte un groupe chouchou. Ils joueront à peine une heure, bon on est "content" mais on reste sur notre fin...
Une belle clôture avec le groupe Archive, attendu lui aussi. Je regarde une heure environ, et puis je me dis que c'est vraiment fini, il est temps de rentrer, de laisser les derniers chanteurs s'échanger les paroles de l'instant. En foulant une énième fois la poussière, je me dis que la machine Rock en Seine ne parvient toujours pas à me satisfaire pleinement et puis... il y a cette petite bête qui siffle à travers l'unique boule quiès qui me reste "à l'année prochaine". Crap.